Un accrochage dure deux secondes ; ce qui suit peut durer des semaines si les premières décisions sont mal prises. Un constat signé trop vite, une déclaration oubliée, un garage accepté par réflexe : chacune de ces étapes pèse sur ce que vous paierez et sur le temps pendant lequel vous serez sans voiture. Voici la marche à suivre complète, de la minute qui suit le choc jusqu'à la restitution du véhicule réparé, avec les textes de loi qui s'appliquent à chaque étape.
Sur place : les premières minutes
La priorité n'est pas le constat, c'est de ne pas transformer un accrochage en accident.
- Allumez les feux de détresse et, si la voiture est immobilisée sur la chaussée ou ses abords, enfilez le gilet haute visibilité avant de sortir : c'est une obligation du Code de la route (article R416-19).
- Posez le triangle à 30 mètres environ en amont du véhicule (davantage si nécessaire), si vous pouvez le faire sans vous mettre en danger. Sur voie rapide, mettez-vous d'abord à l'abri derrière la glissière.
- Vérifiez qu'il n'y a pas de blessé. Au moindre doute, appelez le 112. Un blessé, même léger, change la procédure : l'application de constat sur smartphone n'est alors plus utilisable, et les secours passent avant toute formalité.
- Si les véhicules gênent et qu'il n'y a pas de blessé, photographiez leur position avant de les déplacer : ces images valent mieux que n'importe quel croquis.
Les photos à prendre avant de repartir
- la position des deux véhicules, de loin, avec un repère fixe (marquage au sol, panneau) ;
- les dégâts de chaque véhicule, de près puis à un mètre ;
- la plaque d'immatriculation de l'autre véhicule et sa carte verte d'assurance ;
- la signalisation (feu, stop, priorité) et l'état de la chaussée ;
- les coordonnées des témoins éventuels, en photo de carte de visite ou en note.
Ces photos serviront trois fois : pour le constat, pour l'assureur, et pour le carrossier qui chiffrera la réparation.
Le constat amiable : le remplir sans se piéger
Le constat amiable est le document à partir duquel les assureurs déterminent les responsabilités. Le recto se remplit ensemble, sur place, par les conducteurs impliqués. Quelques règles évitent la plupart des litiges.
- Cochez les cases de la rubrique « circonstances » avec soin et indiquez le nombre de cases cochées : ce sont elles, bien plus que le croquis, qui servent à répartir la responsabilité entre assureurs.
- Faites un croquis simple : sens de circulation, position au moment du choc, signalisation.
- Utilisez la case « observations » si vous n'êtes pas d'accord sur un point : notez-le avant de signer.
- Une fois le recto signé par les deux conducteurs, n'y ajoutez plus rien. Le verso, lui, se remplit seul, ensuite, pour décrire l'accident avec vos mots.
- Gardez votre exemplaire : chaque conducteur repart avec le sien.
Si l'autre conducteur refuse de remplir le constat, notez son immatriculation, mentionnez le refus dans les observations et faites appel à la police ou à la gendarmerie. S'il prend la fuite, relevez ce que vous pouvez (plaque, modèle, couleur) et portez plainte pour délit de fuite : le récépissé sera demandé par votre assureur.
Le constat sur smartphone (e-constat auto)
L'application e-constat auto, proposée par les assureurs sous l'égide de France Assureurs, permet de remplir le constat sur un ou deux téléphones. Il a la même valeur juridique que le constat papier. Il ne peut pas être utilisé en cas d'accident à l'étranger ou avec un véhicule étranger, en présence d'un blessé, ou si plus de deux véhicules sont impliqués. Si vous cochez « je ne souhaite pas signer », rien n'est transmis à votre assureur : vérifiez donc que la signature a bien été validée.
Accrochage sans autre véhicule
Poteau, muret, pilier de parking, trottoir : il n'y a pas de constat à remplir avec un autre conducteur, mais le sinistre se déclare de la même façon, avec vos photos. Pour la prise en charge, c'est la situation la plus exigeante : seule une garantie dommages, du type « tous risques », indemnise votre propre véhicule quand aucun tiers n'est en cause. Si vous avez endommagé un bien public ou privé, le propriétaire peut aussi se retourner contre votre assurance responsabilité civile.
Autre conducteur étranger, non assuré ou en fuite
Avec un véhicule immatriculé à l'étranger, le constat papier reste possible, l'application e-constat ne l'est pas. Si l'autre conducteur n'est pas assuré ou n'a pas pu être identifié, déclarez tout de même le sinistre à votre assureur, avec le récépissé de plainte en cas de fuite : le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) peut intervenir dans certains cas, selon des conditions précises, et votre assureur vous oriente. Pour vos propres dégâts matériels, une garantie dommages de votre contrat reste en pratique la voie la plus directe.
Déclarer à l'assureur : 5 jours ouvrés, et ce que dit la loi
L'article L113-2 du Code des assurances impose de déclarer tout sinistre dans le délai fixé par le contrat, et ce délai ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés (deux jours ouvrés en cas de vol). Votre contrat peut donc prévoir plus long, jamais plus court. Les jours ouvrés s'entendent hors week-ends et jours fériés : un accrochage le vendredi soir laisse jusqu'au vendredi suivant, sauf jour férié dans la semaine.
La déclaration peut se faire en ligne, par téléphone, par courrier ou en agence selon votre assureur ; joignez votre exemplaire du constat, vos photos et, en cas de délit de fuite, le récépissé de plainte.
Et si vous avez dépassé le délai ? Ce n'est pas automatiquement perdu. Le même article L113-2 prévoit que la déchéance pour déclaration tardive ne peut vous être opposée que si l'assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice, et jamais lorsque le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure. Déclarez quand même, le plus vite possible, en expliquant le retard.
Qui est responsable, et ce que cela change
Pour la grande majorité des accidents matériels entre deux voitures, les assureurs appliquent une convention entre eux (la convention IRSA) : c'est votre propre assureur qui vous indemnise, même si vous n'êtes pas responsable, puis il se fait rembourser par l'assureur adverse. Vous n'avez donc pas à courir après la compagnie de l'autre conducteur.
La part de responsabilité retenue décide de trois choses :
- La garantie qui joue. Non responsable avec un tiers identifié : vos dégâts sont pris en charge au titre de la responsabilité de l'autre, même avec un contrat au tiers. Responsable : seule une garantie dommages (tous risques) couvre votre véhicule.
- La franchise. Non responsable avec un tiers identifié : en règle générale, aucune franchise ne vous est appliquée. Responsable : la franchise du contrat s'applique.
- Le bonus-malus. Le barème légal majore votre coefficient de 25 % pour un sinistre dont vous êtes responsable, de 12,5 % si la responsabilité est partagée, et de rien du tout si vous n'êtes pas responsable. Il redescend ensuite de 5 % par année sans sinistre responsable.
L'expertise : ce qui se passe et comment la préparer
Pour chiffrer les dégâts, l'assureur mandate un expert automobile. Selon le montant et la nature du sinistre, l'expertise se fait sur photos et devis, ou physiquement, le plus souvent chez le réparateur. L'expert travaille pour le compte de l'assureur : son rôle est de valider le montant de la réparation avant les travaux.
Deux conseils pratiques. D'abord, ne faites pas réparer avant l'expertise ou l'accord de l'assureur : des travaux engagés sans validation risquent de ne pas être pris en charge. Ensuite, si un démontage révèle des dommages supplémentaires (absorbeur écrasé, support tordu), ils se signalent à l'expert pour un complément, ce qui est courant après un choc avant. Si le chiffrage vous paraît insuffisant, une contre-expertise est possible ; dans la pratique, la discussion technique se règle le plus souvent entre l'atelier et l'expert.
Choisir le réparateur : votre droit, pas celui de l'assureur
Au moment de la déclaration, votre assureur vous proposera probablement un garage de son réseau. L'article L211-5-1 du Code des assurances l'oblige à vous informer que vous pouvez choisir le réparateur professionnel auquel vous souhaitez recourir, et cette information doit vous être donnée lors de la déclaration du sinistre. Il peut recommander, pas imposer.
L'article L211-5-2, ajouté en 2020, complète ce droit : sont nulles les clauses qui vous interdiraient de céder à un tiers, par exemple à votre réparateur, l'indemnité que l'assureur vous doit. C'est ce qui permet à n'importe quel atelier, agréé ou non, de se faire payer directement par l'assureur. Les critères pour choisir sont détaillés dans notre article sur le choix du carrossier.
Faire réparer sans avancer les frais
Une fois le sinistre déclaré et la garantie confirmée, la réparation peut se faire sans qu'un euro sorte de votre poche, en combinant deux mécanismes :
- La cession de créance : vous signez un document qui autorise l'assureur à régler directement l'atelier, pour le montant validé par l'expertise. Vous n'avancez rien et n'attendez aucun remboursement.
- La franchise prise en charge : chez Carrosserie 0 Euro, le montant de franchise prévu à votre contrat est assumé par l'atelier, en remise commerciale visible sur la facture. Le détail est sur la page franchise offerte.
Pendant les travaux, un véhicule de prêt vous est proposé selon disponibilité ; demandez-le dès le premier message pour qu'il soit réservé avec le créneau d'atelier. Ce que ce montage ne change pas : sans garantie mobilisable, par exemple un accident dont vous êtes responsable avec un contrat au tiers, il n'y a pas d'indemnité à céder ; et si vous êtes responsable, l'effet sur votre bonus-malus reste celui prévu par votre contrat.
Le récapitulatif, dans l'ordre
- Le jour même : sécurité (feux, gilet, triangle), blessés, photos, constat papier ou e-constat, plainte en cas de fuite.
- Le jour même ou le lendemain : envoyez vos photos à l'atelier de votre choix pour un premier avis sur la réparation et la prise en charge. Chez nous : WhatsApp au 06 44 69 70 47.
- Dans les 5 jours ouvrés au plus tard (ou le délai plus long de votre contrat) : déclaration à l'assureur, avec le constat et les photos. Indiquez l'atelier que vous avez choisi.
- Ensuite : expertise sur photos ou en atelier, validation du montant, signature de l'ordre de réparation et de la cession de créance.
- Réparation, avec véhicule de prêt si disponible, puis restitution : vous récupérez vos clés sans régler de facture lorsque le sinistre est couvert.
Si le choc a surtout touché un pare-chocs, notre article dédié détaille quand le réparer ou le remplacer, et à quel prix.

